Les historiens s’accordent pour dire que le mot « algorithme » fut inventé par le mathématicien Mohammed Ibn Musa-Al Khwarizmi, dans le courant du neuvième siècle avant Jésus Christ. Il introduisit en Occident la numération décimale et les règles de calculs s’y rapportant. La notion d’algorithme est donc historiquement liée aux manipulations numériques, mais ces dernières décennies, elle s’est progressivement développée sur des objets plus complexes dans des champs d’application divers, non seulement liés au domaine des mathématiques et de l’informatique. Voici un exemple de processus qu’on peut appeler algorithme, sans machine au sens informatique du terme, et de plus accessible dès 8 ans : la préparation d’une tartine de beurre au goûter. Il est composé d’ « instructions » destinées à un être humain équipé d’une ressource, un couteau, et manipulant du pain et du beurre, des « données » au sens d’objets concrets :

1) Prendre un pain.
2) Couper une tranche de 1,5 cm d’épaisseur (à 5 mm près).
3) Prendre le beurrier (avec du beurre dedans) et un couteau à beurre.
4) Tant que la tartine n’est pas couverte de beurre, répéter les
instructions suivantes à l’aide du couteau :
    a) Râcler le beurre du beurrier pour en porter sur la tartine.
    b) Étaler le beurre sur la tartine.

En informatique, c’est-à-dire en programmation, il ne s’agit plus de faire manipuler des objets réels à un humain, mais des objets virtuels à une machine. Ainsi, on pourrait définir l’algorithmique comme la description précise d’un processus permettant de résoudre assurément un problème donné, avec des ressources données, en exploitant un vocabulaire limité, clair et concis. Il est important d’avoir un langage rigoureux. La langue française est souvent ambigüe. Prenons l’exemple de la conjonction «ou» ; au restaurant « fromage ou dessert » signifie l’un ou l’autre mais pas les deux. Par contre si dans un jeu de carte on cherche « les as ou les cœurs » alors il ne faut pas exclure l’as de cœur. Autre exemple : que répondre à la question « As-tu 10 euros en poche ? » si l’on dispose de 15 euros ?

Le principal pilier de l’algorithmique est la logique. L’essentiel, dans l’élaboration d’un algorithme, est de percevoir les éléments clés d’un processus quelconque, et d’imaginer la suite d’opérations logiques les plus astucieuses et les plus efficaces pour le mettre en œuvre de manière automatique et performante. Chez l’enfant, les jeux de logique lui apprennent la patience, le sens de l’observation et la réflexion. Ils lui apprennent aussi à faire des choix et à prendre des décisions.

La logique n’est pas innée. Il est important de l’entrainer tout au long de sa vie, et cela, dès le plus jeune âge. Et une fois de plus, comme toutes les compétences, c’est en jouant que nous pouvons développer la logique de la manière naturelle. Dans ce sens, le développement de la pensée logique et du raisonnement est une composante essentielle dans la construction des savoirs à la Toulouse Code Academy. Nous nous fixons comme objectif le développement des capacités de raisonnement et de réflexion intellectuelle des enfants. Nos stages et nos cours sont élaborés de façon à permettre à l’enfant d’acquérir des compétences notionnelles et méthodologiques le conduisant ainsi à s’étonner, s’interroger et à se questionner. La finalité étant d’amener l’enfant à passer du concret vers l’abstrait, c’est-à-dire qu’il soit capable de s’éloigner de plus en plus d’un objet ou d’une situation réel(le) quand on s’y réfère pour ainsi développer une pensée complexe en relation avec le développement du langage.

En effet, au cours des différents stages, nos formateurs proposent aux élèves une situation porteuse de sens dans le cadre d’un jeu, liée à un obstacle repéré et surmontable, qui suscite un questionnement. Ce questionnement peut déboucher sur différentes stratégies et réponses recevables qui permettent de faire émerger une règle, une loi ou un concept. Deux types de problèmes : les problèmes pour apprendre où nous visons le réinvestissement des compétences. L’enfant doit donc utiliser ce qu’il sait pour résoudre le problème directement. Et les problèmes pour chercher : Les connaissances à disposition ne sont pas suffisantes, il faut donc essayer, se tromper, et recommencer.

D’autant plus, notre méthodologie est cohérente avec les propositions de Jean Piaget, le père des théories du développement intellectuel de l’enfant. Ses études montrent que les structures du raisonnement sont construites au cours d’un lent processus de coordination et de structuration des activités de pensée conduisant d’une intelligence sensori-motrice chez le bébé à la pensée logique de l’adulte. Tout d’abord guidée par de simples intuitions issues de constats perceptifs non coordonnés entre eux, la pensée du jeune enfant demeure enfermée dans une subjectivité qui s’ignore, « égocentrique » disait Piaget, le conduisant à ne comprendre aucune des notions permettant à l’adulte de penser rationnellement le monde telles que le temps, l’espace, la causalité, le nombre ou la mesure. C’est seulement vers l’âge de sept ou huit ans que la coordination des activités de pensées (les schèmes) conduirait à une première forme de logique demeurant cependant concrète, centrée sur les objets, leurs relations et leur nombre. Cette pensée se détache ensuite de ces contenus et l’enfant devient capable au début de l’adolescence de raisonner sur de simples abstractions et hypothèses auxquelles il ne croit pas ou pas encore, accédant ainsi à une pensée rationnelle dont les structures reflètent les lois de la logique formelle elle-même. Le développement de la pensée logique pourrait ainsi être stimulé dans des situations où l’enfant est appelé à s’interroger et à prendre des décisions, ce qui est idéalement le cas lors de nos ateliers.